29 avril 2006
Tatouage
Dans mon rêve d'hier, je portais ce tatouage sur le poignet. On a beau ne pas croire à la psychanalyse, ça fait froid dans le dos !
28 avril 2006
Tina de Noa
Comme en ce moment tout est peu cher à BsAs, plus on dépense des sous et plus on fait des économies. Je ne sais pas si vous suivez le raisonnement ! C’est comme ça qu’en essayant d’économiser la part que j’aurai perdue en prenant le cours en France, j’ai essayé le cours d’élongation de Tina de Noa. Ce n’est pas seulement de l’avarice. Beaucoup de danseurs de tango suivent ses cours d’ Elongación por Biomecánica (traduction inutile non ?). Il s’agit à la fois d’assouplir les liaisons profondes autour des articulations et de les tonifier. Même si le corps se trouve agréablement délié après, c’est surtout une expérience physique et sensuelle. Chacun prend conscience de ses limites et acquiert une perception concrète de lui-même. Et je ne sais pas pourquoi, chaque fois que l’on touche à ses propres limites, s’ensuit une impression tenace de satisfaction.
Tina de Noa
Estudio equis, mario bravo 478 (presque au croisement de Corrientes)
Lundi 17.00 // Mercredi 12.00 & 19.00 // Vendredi 17.30 // Samedi 15.00
noatango@argentina.com
27 avril 2006
Phrasé
Gustavo nous a encore surpris lors de son cours d’hier. Evidemment la séquence proposée était rare à souhait mais surtout, il parla longuement de la musicalité. Comme c’est peu fréquent, et que le discours était passionnant, j’en profite pour en faire un post.
Tout d’abord, il évoqua la structure de la musique en général et du tango en particulier. Celui-ci est composé de phrases de longueurs variables qui constituent un jeu de questions et de réponses.
Voici un exemple sur un tango célèbre chanté par Enrique Campos et orchestré par Tanturi.
Les paroles permettent de délimiter les questions et les réponses. Ce découpage peut se faire à plusieurs niveaux. En noir les questions, en bleu les réponses.
UNA EMOCIÓN (Letra de José M. Suñe, Musica de Raúl Kaplun)
Vengan a ver que traigo yo Venez voir ce que j'apporte,
en esta unión de notas y palabras une union de notes et de mots
es la canción que me inspiró la chanson que m'a inspiré,
la evocación que anoche me acunaba. ce qui la nuit dernière m'a bercé.
Es voz de tango modulado en cada esquina C'est la voix du tango
dans chaque coin de rue
por el que vive una emoción que lo domina pour celui qui vit une emotion
qui le domine
quiero cantar por este son Je veux chanter celui
que es cada vez más dulce y seductor. qui chaque fois est plus
doux et séducteur
Envuelto en la ilusión anoche lo escuché, Enveloppé d'illusion
hier soir je l'écoutais
compuesta la emoción por cosas de mi ayer, l'emotion est composée
des choses demon passé,
la casa en que nací, la maison où je suis né
la reja y el parral, la grille et le jardin
la vieja calesita y el rosal. le vieux manège et le rosier
Su acento es la canción de voz sentimental, Son accent est la chanson
à la voix sentimentale
su ritmo es el compás que vive en mi ciudad, son rythme a le ryhtme
que ma ville a dans le sang
no tiene pretensión, il n'est pas prétentieux
no quiere ser procaz, il n'est pas insolent
se llama tango y nada más. c'est du tango et rien de plus.
La danse se calquant sur la musique, Gustavo propose de constituer son « discours » de danseur sur cette structure, ce qu’il appelle le « fraseo » (phrasé). Il s’agit donc d’envisager une séquence chorégraphique comme un tout cohérent qui correspond à une phrase musicale et de créer un jeu de questions-réponses à l’instar de la musique. En particulier d'attendre le début d'une phrase musicale pour commencer une séquence. Deux danseurs phrasent à merveille : lui et Chicho.
26 avril 2006
Parakultural
Pour les danseurs de tango débarquant à BsAs, le Parakultural est un drôle de nom de milonga de plus comme Cachirulo ou Bien Pulenta. Pour les plus anciens, il évoque le nom d'un lieu mythique vers les 1000 de Chacabuco. On sait moins qu'il s'agit d'un véritable courant artistique alternatif qui ne s'est pas cantonné au tango. Une exposition de photos de Roacha Novoa à l'Alliance Française permet de retracer son histoire.
En 1986, Omar Viola et Horacio Gabin créent une association et investissent le premier "Parakultural" vers les 300 de Venezuela. La formule se met en place avec une scène ouverte qui reçoit du théâtre, de la musique, des expositions diverses ... et du tango. Au bord du délabrement, le lieu était propice à rien sauf à la poésie. Chaque soir il y aura des rencontres improbables. Les murs lépreux et les planchers défoncés protégeront l'art des demons mercantiles. Omar Viola cite Antonin Artaud : Faire de l'art une expérience qui mette la réalité en crise ou qui soit un mode de comprehension de la vie. Les lieux changeront, il naîtra de ces hasards artistiques, une floppée de gens qui prendront leur place au sein de la culture argentine petite ou grande. L'aventure s'arrêtera vers 1995. Omar Viola continue à utiliser ce nom malgré tout. Il faut reconnaître que les milongas du Parakultural proposent toujours des surprises mais assez éloignées de l'esprit de ses débuts.
25 avril 2006
Données brutes (c'est le cas de le dire)
l'INDEC (Institut Nationnal De Statistiques et du Recensement) est une mine de renseignements sur le visage économique de l'Argentine d'aujourd'hui. La dernière fournée témoigne à la fois d'une croissance globale du pays satisfaisante (environ 9 %) et d'une population qui a du mal a récupérer sa classe moyenne mise à mal par la crise de 2001. Les chiffres parlent d'eux même :
- La moitié des employés gagnent moins 600 pesos par mois (162 € environ). Hors travail au noir.
- De décembre 2001 à décembre 2005, l'inflation a augmenté de 74,1 % et les salaires de 45,9 %.
- Le salaire moyen argentin est de 839 pesos par mois (227 € environ). Hors travail au noir.
- La moitié du personnel domestique gagne moins de 240 pesos par mois (65 €)
Il faut savoir qu'une part non négligeable mais inquantifiable de l'économie argentine est souterraine et donc échappe au statistiques.
La question est : Où va l'argent de la croissance ?
Voir l'article du clarin
24 avril 2006
Ce à quoi j'ai passé mon dimanche
L'idée consiste à partir de la forme la plus simple : un carré de 10 x 10. De le découper et de le recomposer pour créer des formes qui s'en éloignent. Dans un colectivo, en rêvassant, ça m'était apparu comme une métaphore possible du tango. A l'usage et à la reflexion bof il faut voir !
23 avril 2006
Una noche a Puerto Madero
Le cours de Gustavo (Bolivar 1582, les mercredis et samedis) est bourré à craquer. Il y a beaucoup de bons danseurs, voire uniquement des profs d'Argentine et d'ailleurs. Le niveau est très élevé. Deux séquences ultra denses qui peuvent se décomposer chacune en une dizaine de figures. Tout est très surprenant. Gustavo développe une parano de la vidéo et refuse d'être filmé. Il faut venir ici et transpirer. Mais ça le mérite largement.
Vers minuit, à la fin du cours, nous allons, avec Juliette à la fête de cloture du festival du film. Elle se tient dans un immense chateau à Puerto Madero, au siège de la direction des musées. Puerto Madero est la zone maudite des taxis : ils ne connaissent pas encore bien le quartier qui est récemment sorti de rien. Nous nous perdons. Chaque fois que l'on demande son chemin, on nous en indique un avec assurance qui chaque fois mène nulle part. On arrive finalement au Château. Jet set, musique techno de mauvaise qualité, bière en guise de champagne, pas de vin, de la nourriture rapide : une sous-culture mondaine qui est ni à la la hauteur du lieu, ni à celle du festival. N'ayant pas le coeur de se bourrer la gueule, pour égayer tout ça, nous partons sous le regard envieux de la masse des gens qui se font refouler à l'entrée.
22 avril 2006
Mandragoratango
Je me suis bien poilé en écoutant (sur le web) les covers du groupe Mandragoratango.
Tango Christ SuperStar : un mélange de la cumparsita avec les lignes mélodiques de la comédie musicale Jesus Christ super Star
et
Smells like teen spirit : une reprise tango du tube du groupe Nirvana !
21 avril 2006
Complètement inconscient !
Tout est dit sur la couverture :
tango,amour & télévision... mythes sexuels...Attaque de panique... fêtes électroniques...jolies, en réussite et SEULES...tango.
Non il ne s'agit pas de la version de Vogue pour hommes mûrs mais du "nouveau concept Psi" à 6 peso 90, un grand moment de régression scientifique.
Pour peu que la psi n'aie jamais été scientifique (l'argument massue de Karl Popper : "La psychanalyse n'est pas une science car une science doit permettre la mise en oeuvre d'expériences susceptibles de la contredire"), là vraiment, on pousse Carmencita Calderon dans les roses. Il y a une "psychobiographie" (sic) de Carlos Gardel. On y apprend que Gardel à l'image d'une instance psychique était l'objet de tiraillements intérieurs plus que violent (l'amour, la réussite etc...) avec bien sûr un père absent et une mère surinvestie.
Quant à la série de photos de Pancho Ibañez, on voit tout de suite que le type n'a jamais dansé le tango de sa vie, et qu'il sait à peine par quel bout tenir une femme. Cela dit il a l'air de ne pas plaisanter.
On termine en beauté avec un article de Sonia Abadi. Elle a pourtant écrit un joli livre sur le tango : El bazar de los Abrazos (Le bazar des étreintes). Un livre où enfin quelqu'un qui s'y connait vraiment raconte avec un vrai talent d'écriture ses histoires intimes de la milonga. Mais là, elle ressert avec un premier degré inquiétant, tous les mythes du tango : les hommes qui dansaient entre-eux dans la rue pour être à la hauteur, les femmes qui dansaient entre-elles dans les bordels pour être à la hauteur, les ambiances lascives des milongas du centre, l'auréole glorieuse du renouveau tango etc...
Enfin bref, lecture conseillée !
19 avril 2006
Nightclubbin'
Comme dans un récit surréaliste, les rangées d'étagères et de classeurs, mangeaient, chaque fois plus, l'espace de danse. Cecilia invitait Damian à danser sur les morceaux qu'elle préférait. Elle me disait qu'il lui rappelait un acteur connu des années 70 sans parvenir à mettre un nom sur son visage. Je cherchais en vain lequel. Gurö partait demain pour la Norvège, elle s'échappait précipitamment pour El Beso ne voulant pas gâcher ses derniers instants sur de l'electro tango. Pablo et Moira paraissaient bien contractés avant leur demo. Il font pourtant El Abrojo de Di Sarli avec beaucoup d'élégance. On peut sentir la chair et les os de Moira quand on la voit danser et Pablo c'est le petit prince. Juliette, venue de Belgique pour le festival du Film se jette dans les bras de son ami, qui est le petit ami d'Eugenia. Au même moment, Felipe capture le pied de Gabriel qui venait de faire un gancho. Il arrive presqu'à le faire en musique. Il n'y aura pas d'aube cette nuit, demain le festival programme "Drawing restraint 9" à midi.







