le tango se corse

El Diario del vecino Marc Tommasi

31 mai 2006

El abrazo del tango

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Bizarre mercredi à La Nacional. L'obscurité nous accueille, on y projette le film "Milonga, El abrazo del tango".
La réalisatrice interviewe des milongueros dont le plus notable est le défunt Gavito. Le tout est entrelardé de démonstrations dans les milongas traditionelles de BsAs. C'est pas mal mais la question est "a quoi ça sert ?". Ceux qui dansent depuis longtemps connaissent déjà bien toutes ces phrases de milongueros. "! Es en el pecho, pibe !" (c'est dans la poitrine, minot !) ou celle de Gavito "El tango no es movientos, es un sentimiento" (le tango c'est pas des mouvements, c'est un sentiment). Quand aux autres, de toutes façons, avant de comprendre tout ça, il leur faudra des kilomètres de piste. Reste un document quasi historique qui regroupe la parole de ceux qui peuplent les milongas depuis toujours et jusqu'à jamais, et qui prendra son sens dans quelques années. Ils sont tous assez âgés ma foi.

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30 mai 2006

El Afronte

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La Confiteria Ideal fait des efforts le jeudi (et elle a la budget pour ça). Parfois des démos, souvent des orchestres et pas les moindres comme ce soir El Afronte. Comme Fernandez Fierro, avec qui ils partagent la rage de vaincre et la fureur de vivre, El Afronte sacrifie l'image compassé des costumes de scènes des années 40 à la musique elle même. Ce soir, en geste de rebellion post-moderne, ils portent tous des chapeaux délirants. ça ne les empèche pas de faire de la musique qui secoue le cocotier. Le chanteur est particulièrement excellent et mènage des pianisimo qui donne la chair de poule. Et quand ça swingue, les bandoneons rendent l'âme. Ils se produisent dans la rue parfois à San Telmo dans la feria du dimanche : une occasion d'échantillonner leur excellence.

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28 mai 2006

Le mystère des tandas disparues

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Poussés par la faim et la curiosité, Caroline et moi, cherchions, dans la Feria de Mataderos, un endroit pour déjeuner. Mataderos signifie en espagnol « abattoirs » et c’est le quartier de la bonne viande. Les parillas étaient prise d’assaut. En flânant nous sommes d’abord entrés dans une peña où un chanteur s’étripait sur un morceau de bravoure : « A mi manera » reprise de « My way » reprise de « Comme d’habitude ».  Le final du crescendo incendiait les veines de son cou, la membrane des enceintes et aussi nos tympans. Atmosphère fortement cinématographique mais le son étant à fond, impossible d’y bavarder.

Un peu par hasard, nous entrons au club « New chicago », lieu historique crée en 1902 et siège des supporters du club de Mataderos, dont le fanion vert sombre barré de noir est impressionnant.
Ce club de la périphérie est aussi un « boliche bailable » et l’on y danse plutôt entre couples constitués, voire entre parents, toutes sortes de musiques (boléros, cumbia (une salsa d’Amérique centrale), slows et swing). Lors de mon premier voyage à BsAs, en 1993, dans toutes les milongas traditionnelles, il y avait , outre le tango, des tandas de ces musiques là. Depuis, elles ont totalement disparu. C’est vraiment dommage car la variété de la musique permet de varier son état d’esprit et d’échapper au pilonnage émotionnel du tango tango. Et puis au niveau de la danse, les cumbias et les boléros libèrent le haut du corps et le bassin que le tango apretado a tendance à verrouiller.  En définitive une après-midi assez fantastique avec le snobisme suprême d’être les seuls étrangers dans un lieu portègne. (Une fois là-bas, vous vous rendrez compte que ce n’est pas si facile tant le tourisme tango s'est développé).

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27 mai 2006

Fuerza y Luz

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photo Smeallum

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26 mai 2006

Dale campeon

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L'argentine est salement privée de football, ces temps-ci. Les fins de semaines, les cafés n'ont plus le même visage. Les hinchas (fans) ont du vague à l'âme. Par compensation les automobiles, les taxis surtout, arborent des drapeaux argentins. D'ailleurs il s'en vend de partout. Les argentins vivent l'instant et le foot est parfait pour ça. Un théâtre absurde qui exhaltent de vraies émotions dans une vie qui de toutes façons si on n'y joue pas un peu est, elle aussi, absurde ! Pour le moment, les médias de masse, véhiculent cette image, depuis si longtemps déjà usée d'avance, d'une sélection argentine au mieux de sa forme, avec des crampons qui rayent le parquet. El Clarin se gargarise de la position de l'Argentine au sein de la communauté des parieurs. En fait, largement devant la France.
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24 mai 2006

Pingüinos


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23 mai 2006

Dichos

Petites collections de dictons et de comparaisons portègnes telles qu'elles apparaissent sur les fileteados. A l'origine ces plaques ornaient les carrioles des vendeurs ambulants du début du siècle XX.

Dichos Porteños

La cosa anda tan mal                        Les choses vont si mal
Que hasta los vagos laburan               Que même les feignants travaillent

Si querés uno igualito                        si tu en veux un tout pareil
Trabajá desde chiquito                      Travaille dès tout petit

Tuve que interrumpir mi educación       J’ai du interrompre mon éducation
Para ir a la escuela                            pour aller à l’école

La realidad es un efecto                     La réalité est un effet
Producido por la falta de alcohol          produit par le manque d’alcool

Cría ingleses y te                              Élève des Anglais et
Comerán las vacas                            Ils mangeront tes vaches

No te apures más que yo                    Ne te presse pas
Que el futuro no cerró                        Le futur ne va pas fermer

Comparaisons

Aburrido como bailar con la hermana            
Ennuyeux comme de danser avec sa soeur

Bravo como pulga en tapera                        
Féroce comme une puce dans une ruine

Caluroso como abrazo e’ gorda                     
Chaleureux comme l’étreinte d’une grosse

Contento como perro con dos colas             
Heureux comme un chien avec deux queues

Delicado como tropezar con marguaritas       
Délicat comme trébucher sur des marguerites

Desubicado como ladilla en huevo de pascua   
Perdu comme un morpion dans un oeuf de Pâques

Flaco como piojo de peluca                        
Maigre comme un poux dans une perruque

Usado como chupete de mellizos                  
Usé comme la tetine des jumeaux

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22 mai 2006

ArteBA

La foire de l’art contemporain de Buenos Aires donne à voir les mêmes œuvres d’art que partout ailleurs mais signées par des artistes aux noms latins. Comme toujours, les Argentins ont fait dans la démesure pour ce salon où les œuvres exposées à touche-touche s’entredévorent. On y passe, en regardant autant ceux qui regardent que ce qu’ils regardent. Des populations colorées se mélangent. Les jeunes fabriquent et les vieux achètent. Il y a aussi les morts qui ont pris la peine de se draper d’un linceul avec de grosses poches. En Argentine, où l’argent se manipule sans pudeur, il y a un stand dédié à l’investissement spéculatif sur l’art. Ce qui devrait signer la mort de tout mouvement normalement constitué. Sur le site où on ne sait pas trop s’il s’agit d’une annexe de Morgan Stanley ou de Christie’s, il y a un très marrant Artist ranking analyser, chargé d'évaluer la côte de tous ceux qui en valent la peine ! J'ai eu la joie d'apprendre que mon pote François Curlet se range au  2496 iéme rang mondial. Aguante Belgica !
Comme dirait Michel Audiard dans « La métamorphose des cloportes » : Sur le plan de l'arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien -vous entendez, rien- à côté de la peinture abstraite.

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21 mai 2006

ABC Tango

Un guide très complet de toutes les activités tango se trouve sur le site d'ABC Tango.
Il est en espagnol mais enfin, pour ceux qui ne le parle pas, il est facile de reconnaître le titre des événements, l'heure et le lieu où ils se déroulent.
Il y a par ailleurs sur le site une revue très complète des derniers disques sortis et aussi plein d'autres choses.

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20 mai 2006

DJs de Tango

Le supplément Sal! Du journal El Clarin n’est malheureusement pas en ligne. Cette semaine, on y trouve un article assez fouillé sur les DJs de tango. Je n’ai pas le cœur de le traduire in extenso parce que l’article est assez long, mais en voici un petit résumé à partir de la parole des DJs interrogés.

Les DJs de tango sont apparus à BsAs lorsque dans les années 60, les tenanciers de milongas et les syndicats de musiciens s’affrontèrent.

Horacio Godoy
DJ de la Viruta, frère de Mora Godoy célèbre danseuse et organisatrice de spectacle.
« L’electro tango est compliqué à danser mais à la Viruta nous avons nos jours de tango alternatif. On passe Piazolla, Narcotango, Tanghetto, Otros Aires, de l’electro-tango en live, sans l’aide de samplers. Ceux qui sont en dehors du circuit tango apprécient le son masterisé. Nous qui aimons le tango des années 40, supportons la friture mais pour les autres c’est comme voir un film en noir et blanc. Il y a le tango milonguero ("rustique"), le tango salon ("suave") et l’electro-tango ou Piazzolla ("efficace") »

Marcelo Rojas
DJ de la Confiteria Ideal
« Que nous soyons, DJ, musicalisateur ou que nous passions simplement des disques, l’important, c'est que nous devons créer des climats. Les gens viennent pour se divertir, pour draguer des filles. Le mieux que l’on puisse faire c’est de passer inaperçu. Les orchestres des années 40, l’âge d’or, sont 100 % dansables. Il y a des tubes incontournables "El Flete" de d’Arienzo, "Nochero Soy" de Pugliese, “Milongueando en el 40” de Troilo, “Don Juan” de Di Sarli. »

Damian Boggio
DJ du Parakultural, de la Nacional entre autres.
« d’Arienzo est comme les Rolling Stones, Pugliese comme Pink Floyd, Troilo a évolué comme les Beatles et Di Sarli pour qui la cadence est tout est comme Queen. »

Osvaldo Natucci
DJ d’El Beso
« C’est le noyau dur (d’Arienzo, Pugliese, Troilo, Di Sarli). Le corps doit réécrire la beauté musicale qu’il écoute.»

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