le tango se corse

El Diario del vecino Marc Tommasi

31 octobre 2006

Buenos Aires Rouge Sang

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Les Argentins aiment le cinéma bis. Leur tournure d’esprit labyrinthique, leur sens inné du paradoxe et leur amour congénital de la viande les poussent naturellement vers le genre. Le complexe Tita Merello accueille une fois de plus un festival du bizarre : Buenos Aires Rojo Sangre, qui en est à son anniversaire numéro VII. L’ambiance du festival est coolissime. Le public est composé en majorité d’ados tatoués et troués de toutes parts, avec des T-shirts de fan de groupe de heavy metal et l’attirail métallique qui va avec, mais qui sont d’une douceur et d’une gentillesse extrêmes ! La compétition internationale est fournie et ça donne aussi l’occasion de voir les films locaux, tournés pour la plupart avec un budget minimum et qui me semble les plus intéressants. Ces films, avec une attitude situationniste sur les bords, réutilisent avec dérision tous les effets et trucs du cinéma officiel tout en se foutant complètement de la perfection de leur réalisation. Du coup, ils se placent  “ au dessus ” de leurs modèles et leur but premier est à l’évidence de s’amuser en se faisant briller. Ma foi, c'est une bonne philosophie dans la vie quand on arrive à l’appliquer.

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30 octobre 2006

Tango Joven

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Pascal me demande de l’éclairer sur les nouvelles tendances du tango “ joven ”. Voilà qui me fournit un sujet idéal pour le post d’aujourd’hui.

Tout d’abord quelques remarques sur les différentes générations de la milonga.
Depuis environ 4 ans, le tango est de mode chez les jeunes et il a été promu avec beaucoup d’à propos par le gouvernement de la ville. Il y a de nombreux événements médiatiques comme le festival de Tango de Buenos Aires où des cours gratuits sont donnés par une tripotée de maestros de tous les styles, les championnats qui attirent toujours beaucoup de monde, l’anniversaire de Gardel, le jour du tango etc…
Une fois amorcé, un effet boule de neige s’est constitué : plus il y a de jeunes qui dansent et plus les jeunes sont entraînés à danser. Du coup, c’est un fait, il y en a pas mal (entre 18 et 30 ans) dans les milongas. Au dernier mondial de tango, par exemple, 80 % des participants avaient moins de 30 ans.

Ensuite, il y a un “ trou générationnel ”, disons entre 30 et 50 ans pour être large. Pour moi, il s’explique de deux manières :
- d’une part les jeunes, une fois mariés et parents (les femmes ont en Argentine des enfants plus tôt qu’en Europe), fréquentent beaucoup moins les bals exception faite des professionnels qui sont d’ailleurs assez nombreux.
- dautre part, la nécessité de travailler pour gagner leur vie et de dormir un petit peu chaque nuit les éloigne naturellement du tango, une fois passé le temps des études et du début frénétique de la vie active.

Cette dernière raison explique d’ailleurs pourquoi, il y a plus de jeunes dans les pratiques que dans les bals. Les pratiques commencent vers 21 hs et ferment vers 1 hs en restant compatibles avec la vie active au contraire des bals qui commencent à 23 hs et terminent à 5 hs.

Ensuite, à la faveur d’événements qui se produisent plus tard dans la vie (retraite, séparation, pension, héritage …), les danseurs retrouvent la danse et se remettent, comme si rien ne s’était passé, à danser frénétiquement.

L’autre paramètre important est que socialement tous les milieux sont représentés. La danse est un phénomène populaire et ses buts premiers sont la rencontre et de passer un bon moment.

Les lieux
Les milongas sont presque toujours bondées avec une moyenne d’âge autour de 50 ans mais avec un spectre large de 20 à 90 ans.
Les pratiques offrent plus d’espace et la moyenne d’âge est autour de 25 ans avec un spectre assez réduit (rares sont les danseurs de plus de 40 ans).
Pour ce qui est des milongas, Elles ressemblent finalement beaucoup à ce que l’on connaît en Europe, avec un niveau de danse meilleur, quoique pas toujours.
Les pratiques sont les incubateurs naturels des nouvelles tendances. Tout d’abord parce qu’il y a l’espace pour ça, d’autre part parce que la musique et l’ambiance sont plus relâchées (il y a de l’electro, du “ n’importe-quoi-qui-peut-éventuellement-se-danser-avec-des-pas-de-tango ”, des chacareras, du bebop, des pseudo-slows), il n’y a pas de cortinas, malgré l’existence embryonnaire de tandas (il faut dire, en contre partie, que les milongas restent incroyablement traditionalistes à ce titre). La dernière et meilleure raison est que tous les danseurs qui expérimentent s’y retrouvent. La piste est très éclairée, ce qui permet de faire briller sa danse (cette émulation n’a rien de malsain à mes yeux, au contraire, après tout c'est une forme de partage) et aussi de piquer pas mal de choses aux uns et aux autres.

Les styles
Ce qui est frappant ici, c’est le nombre de style différents. À la limite, on pourrait dire que chacun possède un style à part, avec sa manière de marcher, son abrazo et son vocabulaire. C’est une grande différence avec l’Europe où l’on a tendance à copier assez servilement tel ou tel maestro. Evidemment le “ tango nuevo ” de Gustavo, Chicho et Fabian est passé par là mais il y a eu parallèlement un procédé d’appropriation très net. Chacun emploie le vocabulaire de base défini aux alentours de la fin du siècle dernier, mais y rajoute son truc. Et franchement, c’est ce truc en plus qui me paraît le plus valable. On y retrouve ce grain d’argentinité : un mélange paradoxal d’orgueil et de respect de l’autre. Il faut dire que les pibes (les minots), bossent énormément. C’est là une des caractéristiques de ce pays où les gens débordent d’énergie. L’autre chose c’est que le niveau de danse des filles est au moins aussi excellent (et à mon avis supérieur) à celui des gars. Or pour ces styles de danse ouvert c’est fondamental. Non seulement, elles suivent parfaitement, mais en plus leurs pas sont presque toujours “ comme il faut ”, ce qui est loin d’être le cas chez les gars. Il faut dire qu’en tant que société machiste, les femmes sont franchement sous pression.

Au niveau des pas, il y a des mouvements de mode. Celle des colgadas et volcadas est passée. Aujourd’hui, on travaille plutôt les piernazos (une forme généralisée de gancho finalement) et les soltadas (lâcher momentané de l’abrazo) associées à toutes les formes, de sacadas, voléos et barridas qui restent des éléments de vocabulaire très utilisés.
En tout cas, ce qui unit tout ça, c’est incontestablement la musicalité :  on entend presque la musique quand on les voit danser et aussi un boullonnement créatif qui ne se résoud pas toujours sur une forme stable mais qui cherche.

Quand aux danseurs d’ici, ma foi, il y a beaucoup.
Gustavo Naveira reste le maestro des maestros (au sens strict du terme puisque dans sa classe, se retrouvent pas mal d’entre eux).  Sinon, il y a deux grandes écoles Tango Brujo de Gaston et Mariela et DNI de Dana et Pablo. Il y a aussi Tango Discovery de Mauricio Castro et Carla Marano. El Motivo Tango de Valencia Batiuk et Dina Martínez. Tango Cool de Gabriel Glagovsky. Un couple qui m’a ému récemment Raúl et Carina.  Plus tous ceux que je ne connais pas, et pas mal d’expatriés qui reviennent uniquement à la faveur des grands festivals.

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28 octobre 2006

L'anniversaire de Gabriel

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Gabriel Glagovsky anime la practica du Vendredi à Villa Malcolm.  Le gars est adorable.
La piste pour un moment à fait place à la party. Avec de la "dance" en fond sonore et du "champán" comme on dit ici.


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27 octobre 2006

Barbarismes

-    Coupe moi les veines ! Felipe n’arrête pas de danser avec cette bombe et ça fait deux fois qu’il manque de la tuer avec ses deux pieds gauches. C’est pas possible, il a dû prendre un bain de phéromones avant de venir.

-    Tu as déjà dansé avec cette mine ? C'est un joyau de première.

-    Avec Solange, c’est re-bien.  Son onde m'enchante et en plus elle est super guenon.

-    Non elle, c’est une glacière. Non seulement elle fait du froid, mais en plus elle vibre.

-    C’est clair qu’elle a une étreinte barbare, mais gaffe c’est une tourte.

-    Je l’ai serré si fort que j’ai ses timbres décalcomaniés sur ma chemise.

-    Bof, je suis un peu déçu, c’était moitié décaféïné.

-    Tu vois le dinosaure assis à côté de l’affiche de Gardel, oui ? hé bien c’est un flan.

-    Qu’ils aillent tous à la conque de leur mère avec leur entrée à 15 mangues.

-    Fleur de couillon, il faut jamais inviter une fille en venant par derrière.

-    Cet Andrés est vraiment une grenouille phénoménale, non seulement il danse avec Eugenia mais en plus, il la fait marrer pendant les cortinas.

-    Lui, c’est une truite.  Bon d’accord il a la panoplie complète, mais c’est qu’une moitié de carotte, une fleur de chaussure et une pomme frite à rayures.

-    Elle est casse-pelotes, elle arrête pas de parler pendant les tangos.

-    La rangée à droite c’est une enfilade de fromages, et pas des Français, des, qui se distinguent uniquement par la forme et le nom.

-    Elle est un peu perroquet, mais dans les bras c’est un rêve.

-    Bon, je me les prends, demain je dois labourer, il me reste juste un poids pour prendre le collectif.

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26 octobre 2006

Recensement

Une fois, au resto, un ami Argentin m’avait affirmé qu’à Buenos Aires, il y avait 3 femmes pour un homme. À la table d’à côté, un groupe de 6 femmes engloutissait de la viande comme nous. Ça avait l’air de tenir la route. D’ailleurs, lorsqu’un Argentin affirme quelque chose, il le dit avec tant de sérieux et de conviction que l’on pourrait croire qu’il est un vrai spécialiste de la question. Le recensement 2005, précise ces impressions statistiques : en fait, il y a 87,1 hommes pour 100 femmes. Donc tout de même, plus de femmes que d’hommes. Mais enfin, pas non plus autant que ça. En plus, l’écart tend à s’atténuer en raison de la plus grande longévité féminine.
Voici d’autres chiffres qui dressent un portrait de la population de Buenos Aires :

- 50 % de la population adulte vit en couple
- 32,7 % de cette même population est composée de célibataires.

Sur le travail c’est assez étonnant :

- 94 % des travailleurs de l’industrie sont des hommes.
- 100 % des employés du service domestique sont des femmes.
- 77 % du personnel de l’éducation nationale sont des femmes

plus d'infos en espagnol

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24 octobre 2006

Coquetterie

Aussi bizarre que ça puisse paraître, le sentiment de bien danser dépend chez moi, pour une large part du pantalon que je porte ! Vu le soin que les Argentins mettent à choisir le leur, je ne dois pas être le seul. Sauf que chez eux, le négligé est scrupuleusement étudié pour passer inaperçu mais est trahi, justement par ce même effort quasi maniaque d’un naturel de l’élégance.
Enfin, lorsque le pantalon accompagne par un mouvement fluide celui de la jambe, l'allure entiere de la silhouette me paraît plus satisfaisante.  C’est une histoire de « tombé » qui est sûrement aussi vieille que l’histoire du pantalon lui-même. Une solution qui fonctionne bien est celle du pli avec une étoffe assez légère qui donne une ligne. Aujourd’hui, cette solution est tombée en désuétude, et est réservée aux grands soirs de bal. Une alternative est le pantalon large en toile de jean. Mais il faut alors que le bas du pantalon couvre bien le pied. A Buenos Aires, pour trouver son bonheur, on peut essayer Bond Street, galerie marchande de fringues mode ( Rodriguez Peña et Santa Fe) ou bien The Dark King (Puyrredon devant la place Miserere), la rue Malabia (à la hauteur d’Honduras) ou Córdoba (de 3800 à 4800) et de manière générale  Palermo Soho mais attention c’est dangereux, les fringues sont trop belles, on peut y laisser sa chemise.
J'allais oublier Sexo Opuesto (Corrientes al 3000) qui a une ligne de nuevo tango assez novatrice basée sur le concept de l'utilisation d'élément de vêtement du sexe opposé avec en particulier une fameuse ligne de pantalon-jupe.

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23 octobre 2006

Ballade pour un fou

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Horacio Ferrer & Amelita Baltar, respectivement parolier et chanteuse (ainsi qu’épouse d’ailleurs) de Piazzolla, fête les 37 ans du succès de  Ballade pour un fou  au Luna Park. Pour l’occasion, ils se confient au journal El Clarín. Pour les non hispanophones, voici un petit résumé en forme de mosaïque :

- En 1948, un ado de 15 ans, lors d’un concert s’approche d’Astor Piazzolla, et lui dit sans préambule : “  Vous avez un ami que vous ne connaissez pas. Un ami qui a délaissé les filles, les études, qui a cessé de dormir, et tout ça pour écouter votre musique et suivre votre orchestre.
Cet ami… c’est moi !  ”.

- En 1968, dans un boui boui, Piazzolla, dans sa 47 ième année, remarque Amelita Baltar, alors chanteuse de folklore de 27 ans. Il commente :  “  Comme elle chante bien… et quelles jambes, elle a ! ”.

- En 1968, l’astrologue Horangel prédit à Piazzolla deux dures années avec une crise personnelle, sentimentale, de création et aussi économique ! Mais à la fin quelqu’un viendra de l’extérieur avec un projet et tout rentrera dans l’ordre. Et il en fut ainsi !
Pour écrire l’opéra tango Maria de Buenos Aires , Astor va jusqu’à vendre sa Fiat 1500 et mise jusqu’à son dernier centime. L’opéra plût à tous les critiques sauf au public. Désastre financier. Astor se retrouve à zero.

- Durant l’exécution de l’Opera, Astor entend  “ filho de puta ” et devient très nerveux n’arrêtant pas de dire “ On est en train de me baiser ! ”. Dans les loges, Vinicius de Morales s’approche de lui et lui dit : “ Filho de puta, comment tu fais cette musique merveilleuse ? ”

- Au bord de la ruine, Astor & Horacio, décident de participer à un concours national de chanson, histoire de gagner le prix de 10 000 pesos. Horacio n’a écrit que le vers : “ Ya sé que estoy piantao, pianto, pianto ” (Je sais bien que je suis fêlé, fêlé, fêlé). Piazzolla essaie différentes mélodies mais Horacio lui fait remarquer qu’elles sonnent comme des tangos humoristiques de l’époque de Gardel, ou comme du Mariano Mores. Au dernier moment, Astor pose les accords d’Adios Nonino et sur ses mêmes accords, écrit la première partie de la chanson.
A un autre moment, alors que Ferrer chante “ Vení, volá, sentí el loco berretín que tengo para vos ” (Viens, vole, sent, le désir fou que  j’ai pour toi), Piazzolla referme le piano, les yeux pleins de larmes et lui dit “ C’est pas une chanson, ni un tango que l’on a écrit, c’est une BOMBE ATOMIQUE !. ”

- La chanson perd le concours juste derrière l’oublié Hasta el último tren mais la bombe est lâchée et le succès populaire est immédiat et planétaire.

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21 octobre 2006

Danza Maligna

En  ce moment, ce tango fait presque toujours systématiquement partie de la tanda d’Enríque Rodríguez. Il y a des modes comme ça. Outre que la mélodie est imparable, les paroles font dans le mystique délirant.  En voici une traduction libre :

Rodriguez_Danza_Maligna

Musique : Fernando Randle, paroles : Claudio Frollo

Se arrastran los compases compadrones     Se traînent les mesures compadrones
del tango que se encoge, que se estira...       du tango qui se trouble et qui s’étire
Su música doliente pareciera                            Sa musique douloureuse paraissait
sentir que una amenaza se aproxima.           Sentir qu’une menace se rapprochait
Viviremos los dos el cuarto de hora              Nous vivrons tous deux notre quart d’heure
de la danza nostálgica y maligna.                    De la danse nostalgique et maligne.
Escuchemos latir los corazones                       Ecoutons battre les coeurs
Al amparo de Venus Afrodita.                          Sous la protection de Venus Aphrodite

Placer de dioses, baile perverso,                     Plaisir des dieux, danse perverse
el tango es rito y es religión;                              Le tango est rite et religion
orquestas criollas son sus altares                   Orchestres criollos sur leurs autels
y el sacerdote, su bandoneón.                         Et comme prêtre, le bandoneon
Quiero sentirme aprisionado                           J’aime me sentir emprisonné
como en la cárcel de mi dolor,                         dans la cellule de  ma douleur
guarda silencio, mitad de mi alma                  Garde le silence, moitié de mon âme
que hay un secreto entre los dos.                   Il y a un secret entre nous deux

(Y ... la Yapa , le deuxième couplet qui ici est instrumental
et qui est encore plus barré )

Se arrastran los compases compadrones    Se traînent les mesures compadrones
del tango que se adueña de las fibras.           Du tango qui s’empare de nos fibres
El juego de tus rulos en mis sienes                 Le jeu de tes mèches sur ma tempe
será la extremaunción de mi agonía.            Sera l’extrême onction de mon agonie
Te invito a penetrar en este templo              Je t’invite à pénétrer le temple
donde todo el amor lo purifica.                      Où tout amour se purifie
¡Viviremos los dos el cuarto de hora            Nous vivrons tous deux, le quart d’heure
de la danza nostálgica y maligna!                   De la danse nostalgique et maligne.

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20 octobre 2006

¿ Que Onda ?

2006_10_20_Gastonymariela

Mariela
Sametband y Gaston Torelli sont mes profs à Buenos Aires. Ils donnent leurs cours  à Tango Brujo (Esmeralda 754). Ces deux pibes dansent avec un style qui respire et donnent un cours extrêmement rigoureux. Ils m’ont ému en bal et je suis allé chez eux. Ils ont un truc très argentin difficile à définir. En fait, au début, je suis allé voir qu’elle était « la onda ». Et puis ça m'a plu et j'y suis resté. "La onda" est un concept fondamental ici.
Beaucoup de choses à Buenos Aires, se font en fonction de « la onda ». 
On dit par exemple :
Elle est comment « la onda» à la Viruta ce soir ? , ou
Elle me plait « La onda » de tes chaussure ! ou
Je sais pas, mais avec elle j’ai de « la onda ».

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19 octobre 2006

La société du spectacle

2006_10_19_LSDS1DOCBSAS/06 , festival
de documentaires,  proposait
hier soir
La société du spectacle (1973) de Guy Debord
et sa suite
Réfutation de tous les jugements
tant élogieux qu’hostiles, qui ont
été portés sur le film
« la société du spectacle »
(1975).
2006_10_19_LSDS2Je me demande comment une salle comble a pu endurer le mitraillage massif durant
2 h et demi
de pensées situationnistes retorses en
sous-titres quasi ininterrompus, associées  à une douche d’images d’archives déconcertantes.
Malgré tout, l'oeil et le cerveau en ressortent
2006_10_19_LSDS3rincés mais assez contents ma foi.

Le problème des penseurs 
(et spécialement des français qui
pour le coup en matière d'humilité
sont à ranger auprès des Argentins)
c’est leur rêve mort-né d’être des acteurs
majeurs de l’histoire. Quand ils le prennent vraimentau sérieux, il est difficile d'échapper au ridicule.

Disons que l’analyse de la maladie de notre siècle
est brillante, mais les remèdes préconisés sont de la daube.
L’histoire impitoyable l’a désormais montré.
Pour des solutions plus efficaces, lire

TAZ,  Zone d’Autonomie Temporaire
d’Hakim Bey.

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