Dans une biographie d’Osvaldo Pugliese, lue ce week-end, j’ai appris que son orchestre a débuté en 1939 et qu’il a travaillé 4 ans avec au chant Amadeo Mandarino, mais qu’il n’a rien enregistré de cette époque et que ces trésors sont à jamais perdus. Surtout, il y a une très intéressante analyse du style de composition du maestro. Pugliese était un communiste convaincu et il s’est toujours rangé du côté des damnés de la terre. Il œuvra aussi pour créer un syndicat de musiciens et eut maille à partir avec la justice de nombreuses fois. Son intransigeance le conduisit jusqu’en prison. Ce communautarisme politique s’est exprimé directement dans le travail d’arrangement qui était le fruit de sessions où chaque instrumentiste avait la liberté d’intervenir et de modifier ce qui était écrit par l’arrangeur. D’où cette caractéristique de son orchestre où tous les instruments se répondent à égalité de voix (le jeux de question-réponse dans l’intro de  Emancipacion par exemple ou ce passage très communautaire de El_Andariego). Ceci expliquerait aussi les modifications de tempo qui naissaient de l’écoute réciproque, de l’attente et des anticipations de chacun.
Une chose très importante lui est restée de son père, lui aussi directeur mais amateur d’orchestre de tango : “Regarde les pieds des danseurs, s’ils ne te suivent pas , c’est toi qui te trompes !”

Le livre en question, avec une iconographie très riche, est le volume 2 de “Tango de coleccion : Osvaldo Pugliese”. Il peut se trouver à 9 $ chez les bouquinistes de la rue Corrientes (vers les 1300). Et il contient un CD de 20 titres !