31 mai 2007
Cacho Tirao est mort
L’un des plus grands guitaristes Argentins s’est éteint à l'âge de 66 ans.
Enfant prodige, il a débuté la guitare à 4 ans , obtenu son premier prix à 7 ans et à 12 ans, se produisait déjà en concert ! Il a joué avec Astor Piazzollla de 1968 à 1972 qui lui ouvrit la voie de sa carrière solo lui conseillant : mira pibe, tenés que largarte sólo (Ecoute, minot, il faut que tu te lances seul!). Piazzolla créera bien des années après, avec lui le concerto pour guitare de Liège, pièce de haute virtuosité.
Unanimement salué comme une personne adorable, le destin, injuste, s’est pourtant acharné sur lui. En 1986, sa fille de 17 ans, tue accidentellement sa sœur de 14 ans, avec un revolver qu’elle croyait un jouet. En 2000, quand sa douleur parait enfin s’apaiser, un accident cérébral le frappe qui le laisse 2 mois dans le coma, avec une séquelle horrible pour un guitariste : une immobilité de la partie gauche du corps.
A force de volonté et de prière (il était devenu fervent évangéliste) il remonte sur scène mais fortement diminué et entouré d’un groupe le soutenant.
Cacho laissera le souvenir d’un guitariste tout terrain aussi à l’aise dans les pièces classiques, le folklore de toute l’Amérique du Sud et bien sur le tango. Avec lui la guitare ne chante pas, elle danse.
Voici en hommage la milonga Taquito militar qu’il conduit avec un drive impressionnant.
Cacho_Tirao_Taquito_Militar (cliquez pour écouter)
29 mai 2007
Sensation Thermique
Il a fait plus froid aujourd’hui à Buenos Aires qu’en Antarctique ! Le record de froid qui tenait depuis 45 ans vient de tomber avec la température. Je sais que lorsqu’on parle de la pluie et du beau temps c’est que l’on n’a pas grand-chose à dire ! Oui mais là, pardon, il s’agit de mauvais temps et d’un mauvais temps exceptionnel encore. Le thermomètre marquait 1° à Buenos Aires alors que dans la station météo de l’antarctique il en était à 3°. Les Argentins ont une mesure « de proximité » de la température que nous ne connaissons pas en Europe : la sensation thermique. En dernier lieu c’est le chiffre que les Argentins retiennent car il témoigne de l’impression de froid ou de chaud que le corps humain éprouve réellement.
Qu’est-ce donc ? La température de la peau humaine est de 32°C. Lorsqu’il fait froid, le corps dépense des calories pour maintenir cette température. Il se forme entre l’air ambiant et la peau une mince couche d’air isolante qui l’aide à maintenir cette température. Selon les conditions extérieures cette couche peut être réduite, ce qui conduit à une dépense supérieure d’énergie du corps pour maintenir sa température, entraînant une sensation de froid plus grande. Les météorologues argentins font un savant calcul entre la température, le vent, le mouvement moyen de la personne, les radiations solaires, les caractéristiques thermiques de la peau.
Par exemple pour une température ambiante de 10°C, si le vent est à 16 km/h, la sensation thermique descendra à 8°C etc…
26 mai 2007
Onde Milonguero
Je ne voudrais pas que ce blog se transforme en une hagiographie de Gustavo Naveira, mais bon son cycle de cours du mois de mai s’est achevé et j’ai assisté avec ferveur à toutes les classes. L’ultime cours a été un peu particulier. La séquence n’était pas complexe comme à l’accoutumé mais il nous a demandé de la faire avec un feeling « milonguero ». Ce mot est, entre tous, extrêmement ambigu. Aussi de longues explications ont été nécessaires. Pour lui, cette onde milonguero n’est pas lié à une forme de pas (disons proche et petit) mais plutôt à une attitude qui implique un rapport fort entre le couple et une implication totale dans la danse. Le tango doit recycler dans une forme moderne et saine tout ce qu’il contenait à l’origine de trouble, de sauvage et d'irrésolu.
21 mai 2007
Le bazar de la politique
Chez nous, qui sommes un peuple rationnel, la politique est organisée en un éventail bien ordonné qui va du rouge sang des extrémistes de gauche jusqu’au marron foncé des partis nazionalistes.
Jusqu’à présent, chacun était resté dans ses limites idéologiques et dans ses habitus de classe. La totalité de la structure était définie par un équilibre de forces opposées dont les variations d’intensité déforment lentement les contours. Apparemment des malins essaient, aujourd’hui de bousculer les règles de ce jeu. Ils empiètent les limites des autres, créant ainsi un territoire mouvant bien plus difficile à définir et donc à combattre. La troisième voie de Blair et Clinton en quelque sorte dont on ne saurait plus désormais dire de quelle couleur leurs idées sont parées.
Ce jeu rationaliste n’est pas celui pratiqué en Argentine, loin de là. Ici, le gros de la politique est fait par des populistes qui pavoisent des idées généreuses et sociales et engrangent des devises néo-libérales. Ils mettent de l’argent pris de la main droite dans la poche intérieure de gauche, celle qui est la plus proche du cœur.
Aussi, pour nous Européens, la classification politique est déroutante. Il apparaît dans sur le terrain politique, l’expression du génie du peuple argentin qui est profondément irrationnel, paradoxal, énergique et doté d’une volonté hors norme de toujours se présenter sous le meilleur jour. D’ailleurs, ces traits de caractère apparaissent de manière éclatante sur un autre terrain, celui des parties du football argentin : un déluge d’énergie débridée et désorganisée illuminé par des éclairs d’exploits individuels.
La politique est le miroir d’un peuple. A ce titre, la campagne pour l’investiture du gouverneur de Buenos Aires présente beaucoup d’intérêts. Autant le dire tout de suite, il est absolument impossible de se repérer avec le nom des partis qui ressemblent plus à des slogans publicitaires, qu’à des groupuscules idéologiques : Más Buenos Aires (plus de buenos Aires), Propuesta republicana (proposition républicaine), movimiento por Buenos Aires (mouvement vers Buenos Aires), Frente para la victoria (Front pour la victoire) ! etc.. il y en a plus de 10.
Ce que l’on appelle chez nous (assez pompeusement, il faut bien le dire, au vu des résultats) le « débat démocratique », montre ici une bataille féroce qui s’apparente à de la publicité comparative destroy où tous les coups bas sont permis. Les affiches qui dénoncent l’incurie du voisin sont plus nombreuses que celles qui tentent d’offrir comme partout un visage glamour retouché sous photoshop. Les clapotis de la mare aux canards éclaboussent tout le monde laissant une amertume bien portègne de corruption généralisée sans issue.
Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent et c’est particulièrement vrai ici. Les problèmes de la ville sont pourtant bien réels :
- Le problème de la collecte des ordures qui aujourd’hui alimente les cartoneros et dont la destination finale reste incertaine dû au manque de retraitement des déchets.
- La crise du logement, avec des loyers qui asphyxient la classe moyenne et un surdéveloppement anarchique dans les quartiers les plus prisés mettant en panne les infrastructure : eau, électricité, voierie. D’autre part des bidons ville au sein de la cité que l’on appelle ici des Villas, débordent dans l’espace urbain.
- Le transport dans la ville. Le métro, largement insuffisant n’a pas été amélioré depuis des lustres et le service des collectivos arrive à saturation, malgré le besoin de plus en plus impérieux de renouveler et d’améliorer le parc des autocars.
- La sécurité. Bien qu’elle soit aujourd’hui à un niveau raisonnable, elle est exacerbée comme partout par la sur-médiatisation et l’industrie télévisuelle de la peur.
- Les problèmes lourds d’infrastructure : Lutte contre les inondations, assainissement du Riachuelo, voieries en panne d’asphalte, service électrique en surcharge.
Les prochaines élections sont dans quinze jours et le paysage politique est le suivant :

Macri est le leader de la droite libérale. Patron de l’équipe de foot de Boca junior et libéral assumé. Il est favori.
Filmus est le « candidat K » c'est-à-dire celui du gouvernement de Kirchner dont le gouvernement est en ce moment taché par les scandales de corruption comme l’affaire Skanska qui apparemment touche beaucoup de monde.
Telerman, qui est au pouvoir actuellement, est l’élu socialiste qui a pris la place d’Ibarra, après sa destitution impulsée par l’affaire Cromañon (la mort de 200 adolescents dans l’incendie d’un boliche lors d’un concert)
Divers autres aux noms de parti ésotérique...
Le pouvoir de Kirchner, l'actuel chef du gouvernement Argentin, s'étend chaque fois plus et son solide bilan économique éclipse pour l'instant les magouilles financières et sa boulimie brutale de pouvoir. Jusqu'à présent le partage des pouvoir n'avait pas convergé vers une synergie mais vers une empoignade musclée.
Faudra-t-il choisir entre un partage de pouvoir équilibrant les forces politiques mais dérivant vers la bataille rangée, ou "le tout K" (tous les pouvoirs pour Kirchner) avec le danger de ses errements hégémoniques ?
14 mai 2007
Cette recherche inquiète de la liberté
Rodolfo Dinzel est un personnage clef du tango argentin. Après avoir participé à la résurrection de l’ange tango par l’entremise du spectacle Tango Argentino, qui en fut le grand défibrillateur, il fonda une école qui forme encore aujourd’hui des professeurs et qui comptent ses adeptes acharnés. Rodolfo Dinzel est un homme d’esprit et d’expérience qui voit le tango au travers du prisme de la philosophie, de la psychanalyse, de la danse classique et de bien d’autres choses encore. Il a édité en 1999, un livre sur le tango : El Tango, una danza. (Esa ansiosa búsqueda de la libertad). Voir danser Los Dinzel ne m’avait pas donné une envie folle de lire le livre. Et pourtant c’est vraiment un ouvrage passionnant, voire une somme indispensable au tanguero qui s’interroge sur sa danse.
Sa thèse principale est que le tango ne se définit pas par la structure de ses pas mais par sa manière. Donc le livre s’attache à dégager les différents éléments qui métamorphosent cette marche à deux en quelque chose de plus digne, de plus profond : le tango.
Il définit, avec une rigueur obsessionnelle toute portègne, une orthodoxie du tango qui se pose vraiment comme un jalon à partir duquel toutes les expérimentations sont possibles mais toujours aimantées par le noyau dur de ses principes.
Le tango s’est beaucoup développé ces temps-ci. Dans les lieux où éclosent ses derniers bourgeonnements, un coup d’œil suffit, pour déterminer qui danse bien ou pas. Et ça ne se fait sûrement pas sur une séquence de pas ou une colgada bien menée. Non, ce qui fait le tango se voit immédiatement et pourtant il est assez difficile de définir finement ses constituants fondamentaux.
Rodolfo Dinzel prend le problème à bras le corps et part vraiment de concepts biomécaniques primaires qui entrent profondément dans le détail anatomique où la tension musculaire ou le positionnement du squelette sont passés au crible.
Un chapitre entier est consacré à l’abrazo et constitue vraiment une mine d’or pour les professeurs de tous les styles.
D’autres concepts clefs sont évoqués. Le couple évolue par un cylindre qui se déplace sans se déformer. La partie supérieure à partir des anches est la partie dramatique et il n’y a pas d’invasion du l’un vers l’aure, la partie inférieure est nommée expressive et suppose l’invasion réciproque de l’espace de l’autre.
La partie supérieure est soumise au principe de « Flottaison ». Ce principe fondamental, analysé à fond, est en dernier ressort, ce qui donne la tournure tango à un déplacement. Une fois ce concept lumineux énoncé, il devient évident de repérer ceux qui dans la milonga flottent et ceux qui cahotent.
Au fur et à mesure que le livre avance les propositions se font plus ésotériques pour parvenir à un chapitre de philosophie pure qui donne son nom au livre.
Le livre est bien argentin c’est-à-dire profondément paradoxal. Il associe un souci d’analyse quasi maniaque à une mise en page totalement bordélique et à des dessins qui ont le charme de la poésie mais qui parfois font vraiment misérable.
Il semble que le livre ait été édité en français. En tous les cas tous ceux qui pratiquent l’espagnol doivent s’urgence se le procurer.
Rodolfo Dinzel
El Tango, una danza.
(Esa Ansiosa Busqueda de la Libertad )
Edition Corregidor, 1999
12 mai 2007
Une nouvelle milonga à San Telmo
Après la classe de Gustavo, vers minuit, tout le monde a la dalle. Donc, pour se reconstituer des efforts intenses du corps et de l’esprit, il faut des proteines. Mais après le repas, les options sont rares.
Il y a bien El beso, Bien Pulenta, la Nacional mais bon … L’équipe du Parakultural à ouvert un nouveau lieu dans San Telmo (Perú 571). La salle est vraiment géniale (c’est un ancien cinéma) avec parquet de bois, un coin Chill out fumeur sans musique et une grande scène vraiment faite pour un orchestre. Ce soir, il y a Color Tango. A essayer…
11 mai 2007
Le jour où j’ai oublié mon appareil photo
Catarina m’avait convié chez Mia à une « milonga casera », une milonga à la maison. L’occasion idéale pour prendre des photos dans une atmosphère qui promettait. Mais voilà, ce jour là, je n’avais pas ma tête et j’ai oublié l’engin. Alors bien sûr, je n’ai rien à montrer, mais peut-être qu’avec un petit effort d’imagination, certaines images apparaîtront…

Le magnifique sourire de Mia
Catarina et Marcelo dans une impro torride au sol de dance contact!

Les incroyables Firuletes de Rudy
Barbara, la plus "cotisée" des milongas de Baires !
08 mai 2007
Serenatas
Voici une tenda de Valses interprétée par des folkloristes.
Savourez le parfum de la campagne (la vraie pas l'électorale).
Desde_El_Alma__por_El_Chango_Nieto
La_Vieja_serenata_por_los_Cantores_del_Alba
Que_nadie_sepa_mi_sufrir_por_Soledad
Flores_del_alma_por_Los_Olimareños
(cliquez pour écouter)
07 mai 2007
L'avènement de Maragaret Karcher
Lorsqu’on s’éloigne de son pays, il prend un drôle de tour. S’appeler Royal, avoir tous les signes distinctifs de la grande bourgeoise, et tenir la gauche. S’appeler Sarkozy, être une espèce de Rocky VII de la politique et soigner sa droite. Ça a de quoi déconcerter. Une est issu de l’ENA, a la silhouette des aristocrates, a plein d’enfant comme les grandes familles et place sa voix dans sa gorge à leur manière. L’autre boxe tous les jours dans des quartiers de viande, manie le karcher comme un technicien de surface et a l’accent popu des quasi pieds noirs. Où est le grand nez bien français, le visage en forme de Livarot de De Gaule et sa diction de maître d’école ? On l’a re-designé sans doute, ou bien passé à la machine à laver médiatique. On ne sait trop si c’était pour le linge sale avant une réunion de famille ou pour la cervelle en vue d’y faire plus de place pour du Coca cola. Je l’ai bien vu, sur Internet, lors du débat télévisé qu’elle ne pouvait pas gagner : elle avait un regard trop froid, le haut du visage manquait d’expressivité. Un peu comme celui de Mitterand en fait. Sauf que lui il avait gagné mais il avait aussi le regard froid, de plus en plus froid même à mesure que les ans passaient. La masse des gens s’attache à ces sortes de détails. Avec plus ou moins de conscience. Kerry avait sûrement perdu à cause d’un brushing et de ses manières trop « françaises » (traduisez de tarlouze). L’autre était un con d’accord mais il ressemblait à un cow-boy. En Amérique les cowboys finissent toujours par gagner. Regardez Reagan ou Schwarzenegger (avec sa stratégie de première d’abord d’actualiser l’image du cowboy pour ensuite se faire élire et actualiser l’image du gouverneur). Si je parle de l’Amérique c’est qu’on y vient doucement. Enfin l’Amérique du Nord, le Jurassic park du pognon. Où les vieux deviennent riches en détenant des actions pour des chaussures de sport de jeunes achetées par des pauvres.
Sarkozy nourrit le rêve subliminal d’être un cowboy. D’ailleurs il porte déjà des jeans. Bientôt le 6-coups, mais pas avec des balles en caoutchouc cette fois. La participation exceptionnelle est-elle la victoire de la démocratie comme beaucoup le clame ou celle définitive de la médiatisation. Faire entrer une femme dans le loft, c’était vraiment une idée de génie. Rajouter un soupçon d’Internet, retouchez quelques affiches glamours, poivrez avec quelques nègres qui torchent dans l’ombre les bons mots et les discours de campagne, scénariser sans en avoir l’air... Au début ils était onze sous l'oeil du grand frère, et puis logiquement peu à peu ils s’en sont allés au confessionnal, enfin sur les ondes puisque maintenant l’intimité se conçoit sous les feux de la rampe.
La France d’en bas a peur d’elle-même. La France d’en haut, non rien, tout va bien. Quoique si on regarde vers le haut, d'autres sont encore mieux lotis : ça fait envie. Ceux qui se lèvent tôt et travaillent dur, souhaitent continuer à le faire encore. C’est un choix. Evidemment quand on fait partie de la France qui se couche tard ...
La méritocratie doit faire sortir leurs incisives de porcelaine aux exécutifs du cirque mondialisé. A la fin de la journée, lorsqu’un pauvre a gagné, 100 pesos, c’est qu’il a travaillé dur. Lorsqu’un milliardaire a gagné un million, c’est normal. « Diviser pour mieux régner », ne date d’hier. Mais le truc c’est que ce n’est pas un consortium d’esprits malins qui président notre destinée, mais plutôt, un flux sans cesse croissant de technologies isolantes incontrôlées qui nous font croire que, chater en toute décontraction avec un turc habitant Sidney, va remplacer l’ignorance de notre voisin de palier et le sourd inconfort provoqué par les aboiements de son chien. Personne n'abandonne son poste et c'est regrettable. « Il faut s’embrasser plus », ça ne fait pas de doute.
La politique s’est noyée dans la soupe des images. Un beau jour les candidats se choisiront par casting comme des acteurs qu’ils sont, puisque c’est sur critère qu’au final, ils sont jugés. Il se pourrait qu’un jour la fiction dépasse la réalité.
06 mai 2007
« Chic to chic »
La coutume bien portègne de la bise entre homme a de quoi déconcerter l’étranger. Il faut savoir que très souvent, même de parfaits inconnus se donnent la joue y compris à la première rencontre. Entre parenthèse c’est aussi le cas des femmes. Il est évident que la culture argentine est beaucoup plus tactile que la nôtre et implique dans tous les sens du terme plus de proximité et plus de chaleur. Par exemple l’apostrophe de base, lorsqu’on croise un inconnu est beaucoup plus intrusive que chez nous (quand elle existe). Elle est en gros : « hola, ça va, comment vous allez ? Tout va bien ? ». L’origine d’un tel phénomène social est difficile à tracer. Le philosophe Tomás Abraham la fait remonter au temps de la sortie en salle du film Woodstock au Cine Mignon (ça ne s’invente pas !) et y voit un résidu de culture hippy. Martín Caparrós, célèbre journaliste et essayiste, dans son livre El Intérior, la relie à des pratiques de groupes machistes comme les fans de foot ou les milongueros des années 20 (tiens, tiens !). Il faut dire que cette pratique est très urbaine et ne semble pas implantée en Argentine, en dehors de BsAs.
« Il faut s’embrasser plus » est le slogan du stencil ci-dessus même si elle ne l’entend pas forcément entre mectons.
L'argentine est définitevement un pays où les oppositions s'unissent.

