Voilà 25 ans, Raúl Berón s’est tu à jamais.
Le 28 juin 1982, sa voix rejoignait le ciel auquel au fond elle avait depuis toujours appartenu.
Issu d’une famille de folkloristes de Zarate, le père joue de la guitare et avec ses 4 frères, il forme le groupe Los Porteñitos.
A 19 ans, il est présenté à Miguel Caló. L’anecdote est assez célèbre. Á l’ami qui le présente, il lance « Dis à ton ami de continuer à chanter des chacareras à Achalay. Moi, j’ai besoin d’un chanteur de tangos pas d’un folkloriste ».
Pourtant, Caló su exploiter le lien profond de cette voix avec la musique criolla, avec son sens de l’ornementation et la naturalité de sa grandiloquence.
Berón, un baryton qui visitait les territoires du ténor, avait une voix plus obscure que Gardel. Il savait planer au dessus des mélodies en subtilisant parfois leurs rythmes.
Berón n’a jamais formé un couple inséparable avec un orchestre comme Ángel Vargas et d’Agostino ou Echagüe et d’Arienzo. Il navigua avec Caló bien sûr mais aussi avec Demare, Francini-Pontier et Troilo. A chaque fois il laisse l'empreinte de sa voix inimitable, une voix qui maquille le bonheur de retenir ses larmes.

Ce post est inspiré par cet article du clarin

En hommage, un classique des milongas  Que solo estoy accompagné par l'orchestre de Lucio Demare :

Demare_Beron_Que_solo_estoy