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                            1918                                                                                       2007

Il a neigé sur Buenos Aires. C’est extrêmement rare. La dernière fois c’était en 1918. Et c’était déjà très rare. Pour l’occasion, l’excellent mélodiste Augustín Bardi composa le tango ¡ Que noche ! (quelle nuit !).
L’anecdote mérite quelques lignes. Le tango est fait de ces mythes de poches contés par les frères Bates dans leur histoire du tango.

Le 22 juin 1918, Bardi et deux de ces amis reviennent de l’hippodrome de La Plata. Les tangueros sont tous dingues des chevaux. De retour, leur Ford se décompose à l’entrée de Buenos Aires que la neige a transformé en une cité quasi inconnue. Ce spectacle lui inspire la musique d’un tango. Plus tard, Bardi raconte l'aventure à son ami Eduardo Arolas au café T. V. O. du quartier de Barrancas. Celui-ci lui répond : «Ponele "¡Qué noche!", Chino.» (Appelle le « quelle nuit  !» Le Chinois (surnom de Bardi)).

Bardi vécu de 1884 à 1941. Autant dire qu’il fait partie de la vieille garde du tango. Pourtant, presque tous ses tangos possèdent une élégance dans la mélodie, une originalité rythmique, un truc qui les rend indémodables. Ses thèmes, parés des habits neufs que les orchestres plus récents ont bien voulu leur prêter, paraissent à chaque fois actuels. Gallo Ciego par Pugliese, La Racha par Di Sarli, Chuzas par Gobbi ou cette interprétation bien dansable de D’Arienzo.

Que_noche

(cliquez pour écouter)