Ma propre réponse à l’intéressante question de Leo sur la practica X m’avait laissé insatisfait !
Leo faisait remarquer que les danseurs des nouvelles tendances du tango dansaient plus proches qu’avant.
Je lui avais répondu qu’au fond ça n’avait pas beaucoup changé sauf que les danseurs modernes ont plus de technique et plus de souplesse.
En relisant, l’interview de Pablo et en la dégraissant de ses éléments narcissiques (mais après tout lorsqu’on est un des meilleurs danseurs du monde …), il me semble que l’on passe peut-être à côté de la vrai problématique.

Celle-ci pourrait bien s’incarner dans la vieille opposition entre classiques et modernes sauf que le cycle s’est terriblement raccourci et que les modernes d’il y a quelques années jouent le rôle des classiques d’aujourd’hui.
Les  classiques reprochent aux modernes la perte de la part sacré par excès de dilution.
Les modernes reprochent aux classiques leur trop grand respect de la part sacré qui conduit à la fossilisation.

Si on peut la nommer ainsi, la part sacré est au cœur de cette danza maligna, cet Indéfinissable après quoi courent tous les mots sans jamais le rattraper. Comme le goût d’un fruit ou l’amour véritable, il est reconnu immédiatement sans la possibilité d’aucune définition universelle.

Modernes hier face aux tenant du tango pegadito (collé), devenus Anciens aujourd’hui face aux tenant du tango fusion, les Maestros qui « savaient marcher » et « donner du poids à ce qu’il dansait » font office de gardien du temple.

Quant à la proximité, elle est aujourd’hui entrée dans le codex grâce sans doute aux anciens Anciens, les milongueros aux gros ventres qui finalement auront fait avancer le train plus qu’on ne l’imagine.