17 juin 2007
Baile del caño
- l'influence de la TV est nocive pour le nouveau festival de Tango
(Allusion au programme de télévision Bailando por un sueño de Marcelo Tinelli qui cartonne ici.
Les danseurs y pratiquent la "danse de la barre" et c'est chaud)
02 juin 2007
El Cambiazo
Miriam et Flor ouvrent une nouvelle pratique alternative dont l'idée originale est le changement de rôle et les échanges que cela peut apporter. Le lieu, La Ratonera (la souricière) est coolissime et très "relâché", la musique va avec. Le concept est excellent car c'est une manière d'ajuster le guidage qui est un des grand problème du danseur. Et puis pour les garçons, avoir ce privilège de ne plus penser à rien sinon à ressentir, et de recevoir, pourquoi pas, quelques piropos bon marché. Il reste à modifier les mentalités : il y a un gros boulot à faire du côté des machos argentins !
El Cambiazo
Corrientes 5552
Subte Malabia -Ligne B
Samedi de 17 à 20 H
31 mai 2007
Cacho Tirao est mort
L’un des plus grands guitaristes Argentins s’est éteint à l'âge de 66 ans.
Enfant prodige, il a débuté la guitare à 4 ans , obtenu son premier prix à 7 ans et à 12 ans, se produisait déjà en concert ! Il a joué avec Astor Piazzollla de 1968 à 1972 qui lui ouvrit la voie de sa carrière solo lui conseillant : mira pibe, tenés que largarte sólo (Ecoute, minot, il faut que tu te lances seul!). Piazzolla créera bien des années après, avec lui le concerto pour guitare de Liège, pièce de haute virtuosité.
Unanimement salué comme une personne adorable, le destin, injuste, s’est pourtant acharné sur lui. En 1986, sa fille de 17 ans, tue accidentellement sa sœur de 14 ans, avec un revolver qu’elle croyait un jouet. En 2000, quand sa douleur parait enfin s’apaiser, un accident cérébral le frappe qui le laisse 2 mois dans le coma, avec une séquelle horrible pour un guitariste : une immobilité de la partie gauche du corps.
A force de volonté et de prière (il était devenu fervent évangéliste) il remonte sur scène mais fortement diminué et entouré d’un groupe le soutenant.
Cacho laissera le souvenir d’un guitariste tout terrain aussi à l’aise dans les pièces classiques, le folklore de toute l’Amérique du Sud et bien sur le tango. Avec lui la guitare ne chante pas, elle danse.
Voici en hommage la milonga Taquito militar qu’il conduit avec un drive impressionnant.
Cacho_Tirao_Taquito_Militar (cliquez pour écouter)
26 mai 2007
Onde Milonguero
Je ne voudrais pas que ce blog se transforme en une hagiographie de Gustavo Naveira, mais bon son cycle de cours du mois de mai s’est achevé et j’ai assisté avec ferveur à toutes les classes. L’ultime cours a été un peu particulier. La séquence n’était pas complexe comme à l’accoutumé mais il nous a demandé de la faire avec un feeling « milonguero ». Ce mot est, entre tous, extrêmement ambigu. Aussi de longues explications ont été nécessaires. Pour lui, cette onde milonguero n’est pas lié à une forme de pas (disons proche et petit) mais plutôt à une attitude qui implique un rapport fort entre le couple et une implication totale dans la danse. Le tango doit recycler dans une forme moderne et saine tout ce qu’il contenait à l’origine de trouble, de sauvage et d'irrésolu.
14 mai 2007
Cette recherche inquiète de la liberté
Rodolfo Dinzel est un personnage clef du tango argentin. Après avoir participé à la résurrection de l’ange tango par l’entremise du spectacle Tango Argentino, qui en fut le grand défibrillateur, il fonda une école qui forme encore aujourd’hui des professeurs et qui comptent ses adeptes acharnés. Rodolfo Dinzel est un homme d’esprit et d’expérience qui voit le tango au travers du prisme de la philosophie, de la psychanalyse, de la danse classique et de bien d’autres choses encore. Il a édité en 1999, un livre sur le tango : El Tango, una danza. (Esa ansiosa búsqueda de la libertad). Voir danser Los Dinzel ne m’avait pas donné une envie folle de lire le livre. Et pourtant c’est vraiment un ouvrage passionnant, voire une somme indispensable au tanguero qui s’interroge sur sa danse.
Sa thèse principale est que le tango ne se définit pas par la structure de ses pas mais par sa manière. Donc le livre s’attache à dégager les différents éléments qui métamorphosent cette marche à deux en quelque chose de plus digne, de plus profond : le tango.
Il définit, avec une rigueur obsessionnelle toute portègne, une orthodoxie du tango qui se pose vraiment comme un jalon à partir duquel toutes les expérimentations sont possibles mais toujours aimantées par le noyau dur de ses principes.
Le tango s’est beaucoup développé ces temps-ci. Dans les lieux où éclosent ses derniers bourgeonnements, un coup d’œil suffit, pour déterminer qui danse bien ou pas. Et ça ne se fait sûrement pas sur une séquence de pas ou une colgada bien menée. Non, ce qui fait le tango se voit immédiatement et pourtant il est assez difficile de définir finement ses constituants fondamentaux.
Rodolfo Dinzel prend le problème à bras le corps et part vraiment de concepts biomécaniques primaires qui entrent profondément dans le détail anatomique où la tension musculaire ou le positionnement du squelette sont passés au crible.
Un chapitre entier est consacré à l’abrazo et constitue vraiment une mine d’or pour les professeurs de tous les styles.
D’autres concepts clefs sont évoqués. Le couple évolue par un cylindre qui se déplace sans se déformer. La partie supérieure à partir des anches est la partie dramatique et il n’y a pas d’invasion du l’un vers l’aure, la partie inférieure est nommée expressive et suppose l’invasion réciproque de l’espace de l’autre.
La partie supérieure est soumise au principe de « Flottaison ». Ce principe fondamental, analysé à fond, est en dernier ressort, ce qui donne la tournure tango à un déplacement. Une fois ce concept lumineux énoncé, il devient évident de repérer ceux qui dans la milonga flottent et ceux qui cahotent.
Au fur et à mesure que le livre avance les propositions se font plus ésotériques pour parvenir à un chapitre de philosophie pure qui donne son nom au livre.
Le livre est bien argentin c’est-à-dire profondément paradoxal. Il associe un souci d’analyse quasi maniaque à une mise en page totalement bordélique et à des dessins qui ont le charme de la poésie mais qui parfois font vraiment misérable.
Il semble que le livre ait été édité en français. En tous les cas tous ceux qui pratiquent l’espagnol doivent s’urgence se le procurer.
Rodolfo Dinzel
El Tango, una danza.
(Esa Ansiosa Busqueda de la Libertad )
Edition Corregidor, 1999
12 mai 2007
Une nouvelle milonga à San Telmo
Après la classe de Gustavo, vers minuit, tout le monde a la dalle. Donc, pour se reconstituer des efforts intenses du corps et de l’esprit, il faut des proteines. Mais après le repas, les options sont rares.
Il y a bien El beso, Bien Pulenta, la Nacional mais bon … L’équipe du Parakultural à ouvert un nouveau lieu dans San Telmo (Perú 571). La salle est vraiment géniale (c’est un ancien cinéma) avec parquet de bois, un coin Chill out fumeur sans musique et une grande scène vraiment faite pour un orchestre. Ce soir, il y a Color Tango. A essayer…
11 mai 2007
Le jour où j’ai oublié mon appareil photo
Catarina m’avait convié chez Mia à une « milonga casera », une milonga à la maison. L’occasion idéale pour prendre des photos dans une atmosphère qui promettait. Mais voilà, ce jour là, je n’avais pas ma tête et j’ai oublié l’engin. Alors bien sûr, je n’ai rien à montrer, mais peut-être qu’avec un petit effort d’imagination, certaines images apparaîtront…

Le magnifique sourire de Mia
Catarina et Marcelo dans une impro torride au sol de dance contact!

Les incroyables Firuletes de Rudy
Barbara, la plus "cotisée" des milongas de Baires !
05 mai 2007
La classe de Gustavo reprend ... a full
Normalement la classe de Gustavo est bondée, mais là c'était vraiment un meeting de soutien. On devait être aux alentours de 100, à s'agiter en évitant de massacrer son voisin. La classe comme toujours mélange les meilleurs danseurs de BsAs, beaucoup de profs ... et d'autres qui en prenant la classe avec toutes ces épées, se confortent dans l'impression d'appartenir un peu à ce groupe (ce n'est pas de la moquerie, j'en fais partie) . Gustavo prépare un bouquin sur le tango. Il profite manifestement de l'occasion pour étrenner quelques théorie globalisante sur le sujet, avec humour et décontraction comme à l'ordinaire, du genre : "il y a trois type de gancho" ou "il existe quatre type de saccada". La plus surprenante de la soirée , pour moi, du moins, est : "le pas de base est un tour à gauche où l'homme se déplace à chaque pas en contre". Plusieurs assertions déclenchent la polémique. Quelques jeunes loups essaient de symboliquement "tuer le père" en opposant leurs arguments. Jusqu'à présent, leurs tentatives sont vaines...
01 mai 2007
Café de los Angelitos
Le tango est pour Buenos Aires un véritable docteur Frankenstein. Des lieux défunts depuis des lustres ressucitent de leur cendres. Ainsi le café de los Angelitos immortalisé par le fameux tango éponyme de Catulo Castillo, situé à la esquina de Rincon y Rivadavia. Carlos Gardel, qui vivait à Rincon dans les 100, y mangeait ses pucheros (sorte de ragoût). On prétend qu'il y signa son premier contrat d'artiste en compagnie de Razzano.
En 1992, un violent orage provoqua l'effondrement de son toit et le café ferma. Un groupe financier l'a racheté et rénové entièrement dans le style années 30. Comme beaucoup de lieux à BsAs, il fonctionne à deux vitesses avec une clientèle de jour et des prix raisonnables et des repas-spectacles for export le soir à des prix "premier monde" (entre $ 240 et $ 430).
Canaro_Roldan_Cafe_de_Los_Angelitos (cliquez pour écouter)
Voici une version de canaro chantée par l'excellent Carlos Roldan.
Yo te evoco, perdido en la vida, Je t'évoque, perdu dans la vie,
y enredado en los hilos del humo, entouré de volutes de fumée
frente a un grato recuerdo que fumo face à un doux souvenir que je fume
y a esta negra porción de cafe. et une noire portion de café
!Rivadavia y Rincon!... Vieja esquina Rivadavia et Rincon Vieux coin de rue
de la antigua amistad que regresa, de l'ancienne amitié qui s'en revient
coqueteando de gris en la mesa que esta flirtant en gris à la table qui
meditando en sus noches de ayer. médite ses nuits d'hier
!cafe de los angelitos! Café de los Angelitos
!Bar de Gabino y Cazon! Bar de Gabino y Cazon
Yo te alegre con mis gritos Je t'ai rejoui de mes cris
en los tiempos de Carlitos au temps de Carlitos
por Rivadavia y Rincon. à Rivadavia et Rincon
Tras de que sueños volo? Vers quel rêve as-tu volé ?
En que estrella se anda ? Vers qu'elle étoile t'en es-tu allé ?
Las voces que ayer llegaron Les voix qui hier arrivèrent
y pasaron, y callaron, passèrent et se turent,
donde estan? où sont-elles
Por que calle volveran? Dans quelle rue reviendront-elles ?
24 avril 2007
Tatuajes
Si je parle aujourd’hui de tatouages, c’est que j’ai la conviction qu’il faut quelque chose pour remonter mon ranking. Chacun sait que les photos de vacances sont depuis toujours assommantes. Quand au folklore, il est vu en général avec condescendance, puisque le tango a réussi à s’y extraire depuis longtemps et en partie grâce à la France. Et puis tout le monde a le même à la maison.
Mais là, avec ce post sur des dos de femmes nus, et l’attraction naturelle qu’ils exercent sur les deux sexes, je vais faire exploser mes stats, je le sens !
Bon bref, il fût un temps où porter un tatouage était réservé aux parias de la société. Désormais, ne pas en porter un vous range clairement dans les milongas du côté de la minorité. Surtout si l’on est une fille et surtout s’il on est jeune. Du moins chez elles c’est nettement plus visible, même s’il s’agit d’une imagette subliminale sur la cheville ou sur le doigt de pied. Cet été les tatoueurs ont usinés à tour de bras du côté de Mar del Plata. Leur surprise étant qu’en général, il y avait un « désir de tatouage » mais pas beaucoup d’idée concernant le tatouage lui-même. Ce qui fait que , la folie de l’instant et la Quilmes aidant, des bras et des épaules arborent désormais des verre de champagne, des christ en pleurs ou des traces de pattes de chien.
Le phénomène est intéressant : plus il y a de tatouages, plus la pression sociale (appartenance à un groupe, identification à des icônes du monde médiatique …) pour se faire tatouer est forte.
Inversement, plus il y a de tatouages et moins chaque tatouage, en tant que signe de différenciation est valorisé. A tel point que, dans certain milieu, le non tatoué passe pour un martien.
La solution à ce paradoxe est malheureusement la surenchère. Puisque la norme s’est établie à un tatouage par personne, pour se différencier, il faut s’en faire griffer toujours plus, dans la superficie et dans l’intimité.
Le tatouage est permanent, enfin du moins jusqu’à ce qu’un petit malin invente la machine à les effacer proprement et fasse ainsi rapidement fortune. Aussi ceux qui se sont fait tatouer très tôt, à l’époque où c’était encore une mode minoritaire voit avec effarement leurs trophées se déprécier de jours en jours.
Une amie qui en avait plusieurs n’a gardé, dit-elle, que celui sur la fesse : c’est celui qu’elle ne voit jamais. AU prix d'une greffe de peau elle a supprimé celui sur le poignet qui finissait par "la rendre folle" chaque fois qu'elle le voyait.
Hier, à Villa Malcolm, une très jolie jeune femme était littéralement couverte d’inscriptions en lettres gothiques et de cœurs rouges vifs. Enfin du moins c’est ce que ses vêtements savamment ajourés laissaient paraître. On n’a pas pu s’empêcher de penser au gars qui a réalisé le boulot et qui ma foi fait parfois un chouette métier….







